Un peu d'histoire

 

A.M.M.R.Y.

ASSOCIATION DU MUSEE MEMORIAL RESISTANCE YONNE  

 JACQUES MAIRESSE, joueur international de football

Une Page d’histoire oubliée : Il y a 73 ans, le 15 juin 1940, les armées hitlériennes envahissaient l’Yonne, après de violents bombardements, des combats éclataient à Pont-sur-Yonne, Sens, … et Véron !

Une star du football !

Jacques MAIRESSE naît en 1905 à Paris. Très connu entre les deux guerres comme joueur de football. Il dispute plus de 700 matchs en 1ère division, il se distingue le 3 octobre 1928, dans l’équipe de Strasbourg en marquant 10 buts contre Mulhouse. Il devient joueur professionnel au Red Star, dont il est capitaine en 1933, puis à Lyon Olympique Villeurbanne... Il devient international. Il joue contre le Portugal en 1927 ; capitaine dans l’équipe sélectionnée d’Afrique du nord en 1930 et 1931 ; sélectionné dans l’équipe de France contre la Yougoslavie, la Roumanie, l’Autriche, l’Allemagne et la Hollande en 1933 et 1934, puis la même année pour le Mondial à Turin, il joue la finale contre l’Autriche…

Il obtient le diplôme d’entraîneur fédéral en 1933.

Il écrit cette même année un livre « Football quand tu nous tiens »

Il fonde en 1936 le Syndicat national des joueurs professionnels de football, dont il est le secrétaire général.

Un destin tragiquement brisé !

Mobilisé en 1939, vers le 10 juin 1940, le brigadier Jacques MAIRESSE reçoit l’ordre d’évacuer son régiment du Train. Il arrive dans l’Yonne le 15 juin en même temps que les troupes allemandes. Fait prisonnier, semble t-il, au carrefour d’Etigny-Véron, par une colonne allemande de quinze voitures et de deux chars qui  tente de franchir le pont d’Etigny alors obstrué par les barricades installées par les soldats français. A cet instant surgit, depuis les hauteurs de Véron, une patrouille du 1er Rgt d’automitrailleuses (1er RAM) constituée de deux blindés Panhard AMD, dont un unique modèle expérimental équipé d’une redoutable tourelle Renault à canon de 47. La surprise est totale, la colonne allemande est détruite, mais plusieurs prisonniers sont mortellement touchés au cours de ce combat parmi lesquels, Jacques MAIRESSE, un soldat britannique et d’autres qui demeurent inconnus.

Jacques MAIRESSE est inhumé au cimetière de Véron.

Jacques MAIRESSE, marié, ne connaîtra pas son fils qui naît deux mois plus tard.

Ce fils, prénommé Jacques, économiste de renommée internationale, nous fera l’honneur d’être présent avec sa famille.

J-L PRIEUR – A.M.M.R.Y.

Sources : archives et témoignages famille Mairesse, archives du 1er RAM, GBM n°86.


 

Histoire

Véron existait bien avant l'invasion romaine.

 

Polissoir du néolithique, trouvé dans le bois de Villambert, découvert en 1993. (Photo de P. Glaizal).

Une nécropole attribuable à la phase ancienne du Bronze final (1250 à 1150 av JC) a été découverte grâce à l'extraction de graviers par une société d'extraction minière, aux sites les Prés Pendus. A permis la découverte d'un site préhistorique sur les communes de Véron et Passy, sur la rive droite de l'Yonne



    Cet ensemble funéraire, repéré par photographies aériennes, se compose de sépultures à inhumation et à incinération, de cavité et d'une aire destinée à la crémation, d'enclos circulaires pouvant contenir une tombe. Des monuments funéraires, probablement des tumulus, devaient protéger l'emplacement de ces tombes ainsi signalées.

Cinq adultes et quatre enfants, inhumés dans des sépultures individuelles, ont pu être identifiés. L'absence de mobiliers et d'ossements dans certaines tombes ne peut être attribuée avec certitude à des pillages ou à un autre culte des ancêtres, entités à la fois redoutées et honorées. Dans les trois tombes à incinération se trouvaient un enfant et deux sujets de taille adulte. Une seule aire de crémation a été reconnue, marquée par quelques fragments d'os brûlés de couleur blanche et des charbons de bois disséminés dans un fossé.    

     Le mobilier découvert dans cette nécropole comprend des bijoux (épingles en bronze, bracelets, anneaux), des objets de toilettes (rasoir en bronze, pierre à aiguiser), poignard, un couteau, des cylindres en tôle de bronze (viroles), des boutons d'applique, une plaque de bronze. Les vases ont pu contenir des offrandes ou servir d'urnes funéraires. Les sépultures ont livré aussi des vestiges en matière organique animale, comme un montant de mors de cheval en bois de cerf, des os de mouton, un fragment d'os d'animal à la surface polie (du nécessaire de toilette) et une canine perforée devant servir de parure.

  

Extrait de ICAUNA 2000 (photographies de F. Muller)

    

Au IIIème siècle, l'empereur Probus établit un camp à Véron.
 
En 858, Girart de Rousillon fit don de son domaine de Véron à l'abbaye de Pothières. Terre cédée, à charge d'hommage, par Jean le Bon au chapitre cathédral de Sens et au seigneur de Passy. Un château aurait existé jusqu'au 15ème au lieu dit les Grands-Fossés.

                                        
   

Les fortifications de Véron furent élevées dans les années 1565 et 1566. La construction des murailles, faite à la hâte, comme il est permis encore de le reconnaître, offrait plutôt une clôture qu’un  moyen de défense réel et sérieux. Elles étaient flanquées d’une douzaine de petites tours avec meurtrières qui étaient plus capables de repousser les assaillants que les murs n’étaient propres à résister aux boulets de canon. Les portes étaient au nombre de deux : la porte d’En-haut et la porte d’En-bas; elles fermaient régulièrement la nuit, le guet se faisant du haut de la tour. Jusqu'à la révolution les habitants avaient persisté à se renfermer dans l’intérieur du village proprement dit. Ce n’est qu’à partir de cette époque que des constructions isolées se sont peu à peu écartées de l’enceinte primitive. Des tilleuls furent plantés sur le chemin de ronde extérieur; le chemin de ronde intérieur a lui disparu.     

      Le village eut aussi sa léproserie, placée près de la voie romaine et dotée de toute l’étendue de terrain qui lui était nécessaire à ses besoins : il fut pris dans la prairie due à la générosité du prince Villambert.
      Louis VIII dit le Lion visita Véron ,et Blanche de Castille, sa femme, y réjouit son cœur en soulageant ceux qui souffraient.    
                                                    
 
    Louis IX était à Véron au mois de mai 1269, et encore en 1270, l’année de sa seconde croisade, lorsqu’il se rendit à Aigues- Mortes et s’embarqua pour l’Afrique.

                                                   

    Le roi  Jean s’y arrêta en allant à Villeneuve, le mois de décembre 1361. C’est à cette époque qu’il vendit sa terre de Véron aux seigneurs de Passy et au chapitre de Sens.
   
                                                 
   
1516 : fin de la guerre de religion, par la paix d'Etigny.
 
 Passage de la reine Christine de Suède en 1648.
                                                
 

                                                                   Plan du XV éme
       

   On reconnaît au centre horizontalement la Grande Rue. Les parcelles de terrain des maisons n'ont que peu évolué depuis.

Une muraille  entoure le bourg, L'église de st Gorgon et ste Dorothée.
Dans le Guide des chemins de France édité autour de l'année 1550 (publié par Charles Estienne). On pouvait lire la note suivante :

"Véron en plaine : Voy la belle fontaine qui fait moudre deux moulins et à trait d'arc de là, l'eau se perd."

                                                  

En 1557, Joaquim du Bellay, poète, faisait route vers Paris rentrant de Rome, malade et presque sourd, atteint de pelade. Il approchait de Sens où il comptait quelques amis. Du bellay parvint à Sens. Or, il apprit alors de ses amis sénonais que la fontaine de Véron devait son large et beau bassin à un puissant propriétaire : Monseigneur Jacques Spifame, seigneur de Passy sur Yonne et Cochepie, abbé de Saint-Paul de Vanne, mais surtout évêque de Nevers et conseiller du Roi. Du Bellay écrivit donc un poème en latin sur la Fontaine de Véron , qui fut publié par l'imprimeur Sénonais Gilles Richeboys.

Du Bellay a brodé une aimable fantaisie mythologique en distiques élégiaques où la nymphe Véronis nous conte son destin.

Fille de Vérone et de Phoebus, née sur les bords du lac de Garde, la gracieuse nymphe avait, par sa beauté, éveillé l'amour des divinités des bois, mais elle se refusait à l'hymen et préférait honorer le culte de la pudique Diane, la vierge Chaseresse.

Or le dieu tutélaire du lac de Garde, Bénacus, s'enflamma lui aussi d'amour pour elle et téméraire, la poursuivit comme Alphée, la nymphe Aréthuse. Se sentant rejointe, la malheureuse Véronis implora Diane sa protectrice, qui aussitôt la transforma en eau limpide : Frayant dès lors son chemin sous terre, la source nymphe échappa à l'audacieux Bécanus et parvint jusqu'au territoire des Senons pour y trouver enfin repos.

" Il y avait une petite colline à la pente douce, à son pied un tapis verdoyant de fleurs et de gazon. De là, la plaine s'arrondit en champs couverts d'herbages. En ce lieu, je m'ouvris un chemin et sortis, source nouvelle et jaillissante."

Du Bellay dit encore de la source de Véron :

" D'une large cavité circulaire sourd une fontaine qui en son centre, tord ses eaux, les rejette et donne naissance à un ruisseau tourbillonnant qui coule chargé de limon et pétrifie les objets qu'il recouvre. Ce qui est le travail d'une rivière, la modeste fontaine l'accomplit et par elle les dons de Cérès tombent broyés sous la meule. De là, avec un doux murmure et une sorte d'hésitation, nos eaux cherchent leurs voies à travers les champs herbeux, puis se cachent de nouveau sous terre, gardant le souvenir de la pudeur de la nymphe."
 

En 1732 l’ancienne tour flanquée de contreforts s’écroule ébranlant la nef de l’église. La première pierre du clocher actuel a été posée le 12 mai 1749.

La cloche Louise Dorothée fut fondue en 1827 place Villambert.

 
 
1895 : Véron est peuplé de 1181habitants dont huit épiciers, trois aubergistes, deux bouchers, deux boulangers, quatre maçons, quatre maréchaux-ferrants, trois menuisiers, trois marchands de tissus, deux charrons, deux tonneliers, deux marchands de vins, un géomètre, un meunier, un sabotier, un cordonnier, un coquetier, une tuilerie, un marchand de planches et un marché.
 
 
Les différentes appellations de Véron au cours des siècles :
 
863 : Véron
1158 : Varon
1160 : Véro
1163 : Verun
1334 : Veiron
1334 : Voiron lez Sens
1391 : Verron
1391 : Verrion
1453 : Veron
1503 à 1602 : Vezon
1626 : Verron


                                                                 Voies Romaines sur Véron

                                                               Plan de M. A. Guesnu (instituteur)

On peut voir sur la carte  ci-dessus  La place dite "La Boite au Prince" (Boitement du Prince), actuellement place Villelambert, où le  Prince Villelambert fut blessé mortellement à la cuisse en 760.

 
    Germain Bedeau, résistant véronais, fusillé à Paris le 20 août 1944, par les nazis allemands.